Il y en avait pour tous les goûts, Boga, Fanta, Apla et autres sodas de là-bas...
Célia a choisi Au café des délices de Patrick Bruel
https://www.youtube.com/watch?v=Nlw4jOOEgIo
« J’ai choisi cette musique car elle me tient à coeur. Elle me rappelle un de mes meilleurs amis, Mahmoud, qui la mettait souvent car c’était la musique préférée de son père décédé. Elle me rappelle les nombreuses soirées passées à Sousse et à Tunis avec mes amis et ma famille. Les premiers baisers sur le port de Kantaoui, exactement comme dans la musique. Les nombreuses danses, disputes et réconciliations. Les chapatis à 5h du matin en sortant de soirée, soûl et affamé.
Elle me rappelle le parfum de la crème solaire qu’étalait ma mère sur mon visage. Les nombreuses après-midi sous le soleil, les yeux fermés et la lumière qui passait à travers mes paupières. Les parties de cartes au café et les films d’horreur piratés qu’on empruntait dans le magasin du coin, visionnés à l’insu de nos parents, avec mes cousins. Les premières chichas, cigarettes, verres et des fous rire à en avoir mal. L’odeur des jasmins et citronniers dans le jardin. Celle des champs d’oliviers en roulant sur l’autoroute, à la fois immonde et exquise. La lourdeur ambiante ébranlée par la fraicheur de l’air marin.
Elle me rappelle une partie de moi, de mon identité, la Tunisie. Ce pays où a grandi ma mère ainsi que les nombreux étés et hivers que j’y ai passé. Elle me rappelle ma grand-mère avec qui je passais de longues journées. Les glaces à l’eau qu’elle nous préparait toujours à mon frère et moi avant notre arrivée. Il y en avait pour tous les goûts, Boga, Fanta, Apla et autres sodas de là-bas. Le kanoun qu’on utilisait les soirs d’hiver pour se réchauffer, la tirelire qu’on cassait à chaque retour avec un peu de monnaie pour aller au hanout. Sa manière de mordiller quand elle faisait un baiser.
Entendre cette musique me rend nostalgique, des fois triste puis reconnaissante d’avoir ces beaux souvenirs. Elle me rappelle la dernière fois où je l’ai vue alors qu’elle savait qu’elle ne nous verrait pas avant un an. Elle faisait toujours un grand sourire en secouant énergiquement ses mains pour nous dire adieu. Je me rappelle, été après été, me retourner, lors de ces nombreux départs matinaux alors qu’il faisait encore nuit. Je la revois se pencher pour nous apercevoir jusqu’à la dernière seconde. La dernière fois, j’étais loin d’imaginer que ce serait la dernière. Souvent, cette image me revient et je peux alors revivre distinctement ce moment, son visage, son sourire, ce déchirement, sa chaleur et son amour inconditionnel. »
Paroles de la chanson de Bruel :
Tes souvenirs se voilent Ça fait comme une éclipse Une nuit plein d'étoiles Sur le port de Tunis Le vent de l'éventail de ton grand-père assis Au Café des Délices Tes souvenirs se voilent Tu vois passer le tram Et la blancheur des voiles Des femmes tenant un fils Et l'odeur du jasmin Qu'il tenait dans ses mains Au Café des Délices Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, ya lil Tes souvenirs se voilent Tu la revois la fille Le baiser qui fait mal À Port El Kantaoui Les premiers mots d'amour Sur des chansons velours Habibi, habibi
Tes souvenirs se voilent Tu les aimais ces fruits Les noyaux d'abricot pour toi, c'étaient des billes Et les soirées de fête Qu'on faisait dans nos têtes Aux plages d'Hammamet Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil
Tes souvenirs se voilent À l'avant du bateau Et ce quai qui s'éloigne Vers un monde nouveau Une vie qui s'arrête Pour un jour qui commence C'est peut-être une chance Ya lil, ya lil, tu n'oublieras pas Ya lil, ya lil, ces parfums d'autrefois Ya lil, ya lil, tu n'oublieras pas Ya lil, ya lil, même si tu t'en vas Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Ya lil, ya lil, habibi ya lil Une nuit plein d'étoiles (ya lil, ya lil, habibi ya lil) Sur le port de Tunis Et la blancheur des voiles Des femmes tenant un fils Le vent de l'éventail de ton grand-père assis Et l'odeur du jasmin Qu'il tenait dans ses mains Au Café des Délices Au Café des Délices Ya lil Mille ya lil, au Café des Délices
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